{"id":3370,"date":"2026-10-09T11:39:19","date_gmt":"2026-10-09T09:39:19","guid":{"rendered":"https:\/\/interludewithanna.com\/?p=3370"},"modified":"2026-10-09T11:39:21","modified_gmt":"2026-10-09T09:39:21","slug":"summer-impressions-to-better-embrace-fall","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/interludewithanna.com\/fr\/summer-impressions-to-better-embrace-fall\/","title":{"rendered":"Impressions d'\u00e9t\u00e9 pour mieux entrer dans l'automne"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3371\" srcset=\"https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-300x169.jpg 300w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-768x432.jpg 768w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-18x10.jpg 18w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/cr_ernst_caumont_1-tt-width-1064-height-599-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff.jpg 1064w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le ciel vu d'en haut, \u00e0 travers le hublot. Nous traversons les nuages, survolons les habitations, les champs, les mers, aussi minuscules que dans un jeu pour enfants. Je ne m'en lasserai jamais je pense.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Les cigales qui stridulent dans la chaleur du jour. Le chant des grillons qui rythment la ti\u00e9deur de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Ta main qui caresse mes hanches distraitement, sur la plage, remonte subrepticement vers l'aine, j'en veux plus, \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le bruit des vagues, incessant, pendant que je m'assoupis sur le sable. Les pens\u00e9es, incessantes, qui roulent au rythme de ces vagues, m'entra\u00eenent en volutes l\u00e0 o\u00f9 mon inconscient me veut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Boire une coupe de champagne au soleil couchant. D\u00e9cid\u00e9ment, parfois, les clich\u00e9s ont du bon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sentir tes mains sur le haut de ma nuque et mes \u00e9paules se d\u00e9tendre, instantan\u00e9ment, \u00e0 ton contact.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Lire des heures durant, oublier le temps qui passe, le monde qui bruit, s'immerger dans les mots, dans l'histoire de personnages qui deviennent aussi vivants que ces humains assis de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la piscine, aussi familiers que des amis chers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Dormir les fen\u00eatres ouvertes. Sentir peu \u00e0 peu l'air se rafra\u00eechir. Me blottir contre toi au c\u0153ur de la nuit parce que dans mes r\u00eaves, je frissonne soudain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Ne pas avoir envie de se quitter et prolonger de vingt-quatre heures, parce qu'apr\u00e8s tout, pourquoi pas ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Je te fais visiter Paris, o\u00f9 je suis n\u00e9e, o\u00f9 j'ai grandi. Nous traversons la Seine. Nous arpentons les jardins. Nous fl\u00e2nons sur les terrasses des bistrots. Chaque recoin de cette ville tant aim\u00e9e est gorg\u00e9 de souvenirs. Tu souris quand j'\u00e9voque telle ou telle anecdote. Tu me suis dans les ruelles, dans les passages, dans les d\u00e9dales. Tu sais tr\u00e8s exactement ce que je porte sous ma jupe. C'est en soie et quelque peu alambiqu\u00e9, avec des ouvertures savamment plac\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le paysage qui d\u00e9file \u00e0 travers la fen\u00eatre du train. En quelques minutes, on passe d'une for\u00eat \u00e0 un champ, \u00e0 un village, \u00e0 une ville. L'impression d'\u00eatre face \u00e0 un \u00e9cran de cin\u00e9ma. Le monde devenu po\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">L'intensit\u00e9 de la vibration au c\u0153ur de mes cuisses. La rame est bond\u00e9e. Nous ne faisons semblant de rien. Tu appuies sur la vitesse sup\u00e9rieure. Je mords ma l\u00e8vre puis \u00e9clate de rire parce que c'est une image tellement surfaite, qui pourtant \u00e9tait si spontan\u00e9e, si sinc\u00e8re. C'est fou comme nous reproduisons sans le vouloir les images les plus clich\u00e9s, je te dis, avant de me taire subitement, les yeux pliss\u00e9s par le plaisir. J'ai du mal \u00e0 penser, je hoqu\u00e8te, c'est si bon, j'ai du mal \u00e0 penser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Rester sur la plage d\u00e9serte jusqu'\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit. Peu \u00e0 peu, les gens se rhabillent et s'en vont, les cris s'estompent, la temp\u00e9rature et la lumi\u00e8re baissent. Nous, rien ne nous force \u00e0 partir, et nous savourons ce moment vol\u00e9, cet entre deux, ce pli du temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le go\u00fbt des tomates. Soudain je me rappelle que c'est \u00e7a, le go\u00fbt des tomates, \u00e0 la fois sucr\u00e9 et acide, la texture fondante craquante, l'odeur discr\u00e8te que j'aurais du mal \u00e0 invoquer en hiver mais qui est soudain si \u00e9vidente, si pr\u00e9gnante, il faut que je m'en rappelle, sur mes papilles, c'est une des choses primordiales \u00e0 ne pas oublier \u00e0 la fin de l'\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">L'incomparable saveur des fraises, des myrtilles, des m\u00fbres gorg\u00e9es de sucre. Le go\u00fbt de la past\u00e8que. Le velout\u00e9 des abricots. Et de la cr\u00e8me chantilly aussi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Sentir une goutte de sueur rouler le long de mon dos. La fra\u00eecheur du gla\u00e7on sur le bout de ma langue. Les grains de sable \u00e9pais dans lesquels s'enfoncent mes orteils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Essayer le nouveau maillot de bain que tu viens de m'offrir. Sentir le tissu qui sent le neuf sur ma peau, puis regarder les gouttes humides perler \u00e0 sa surface.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Au sortir de la douche, enfiler la robe et la lingerie que tu as choisies pour la soir\u00e9e. Me maquiller \u00e0 peine, juste une touche du parfum re\u00e7u en cadeau il y a quelques mois, notre parfum, \u00e7a suffira.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Manger une pizza quatre fromages au c\u0153ur de la canicule. Reprendre de la mayonnaise avec les fruits de mer. Savourer ces vins d\u00e9licieux sur une terrasse qui surplombe la ville, le sommelier qui explique ses choix, comme un acteur, les oiseaux tournoyant tout en haut dans le ciel sans nuages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Tes doigts qui me touchent discr\u00e8tement dans l'eau. Il faut garder un visage imp\u00e9n\u00e9trable. Il ne faut pas se faire rep\u00e9rer par ces adultes s\u00e9rieux qui nagent, qui font bronzette.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Voir l'\u00e9clipse du soleil, de ses yeux voir. Le monde qui penche. La magie primaire. Nos sourires immenses, comme des enfants, toute la soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Monter ce chemin de randonn\u00e9e avec toi, le c\u0153ur battant au rythme de l'effort, la temp\u00e9rature qui augmente subtilement, les arbres qui s'\u00e9cartent peu \u00e0 peu pour laisser passer de plus en plus de lumi\u00e8re, et tout \u00e0 coup nous d\u00e9bouchons sur un sommet et c'est la brusque immensit\u00e9 qui nous prend \u00e0 la gorge. Nous avons quitt\u00e9 les sous-bois pour le ciel. Nous surplombons le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Paris surchauff\u00e9, au d\u00e9but du mois d'ao\u00fbt. L'asphalte br\u00fblant. Les caf\u00e9s, les commerces ferm\u00e9s. Je marche avec d\u00e9lice dans la touffeur, dans les rues vid\u00e9es de ses habitants. Cette dr\u00f4le d'impression d'\u00e9voluer dans un film de science-fiction. Cette curieuse sensation de libert\u00e9, d'espace retrouv\u00e9, de tout est possible et d'entre deux. Il faudra attendre la semaine qui s'\u00e9tire entre No\u00ebl et le Jour de l'An pour retrouver ce Paris-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Faire l'amour sur un balcon, dans l'eau, dans les bois, sur la banquette d'une voiture. Dans un lit aux draps frais, si doux sur nos peaux. Sur le canap\u00e9, sur le sol, sur le toit plat de l'appartement que tu as lou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le bonheur de voyager. Les a\u00e9roports sont \u00e0 mes yeux un des endroits les plus inhospitaliers au monde, et pourtant, j'aime arpenter ce couloir beaucoup trop t\u00f4t, les yeux encore lourds de sommeil, les membres engourdis, en faisant rouler cette valise encombrante, sachant que tout cela m'am\u00e8nera vers l'inconnu et in\u00e9vitablement, vers la joie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Voir le soleil se lever par le hublot, une nouvelle fois. Avoir la sensation d'\u00eatre au c\u0153ur des myst\u00e8res de l'univers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9couvrir une ville que l'on n'avait jamais visit\u00e9e avant. La r\u00e9alit\u00e9 qui remplace le fantasme sans rien perdre de sa superbe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Alors que nous venons d'arriver, d\u00e9j\u00e0 faire de nouveaux plans ensemble. D\u00e9cider d'autres destinations, de restaurants, d'h\u00f4tels, de longs trajets en train, de folies en avion, d'interm\u00e8des \u00e9rotiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">\u00catre immanquablement excit\u00e9e pendant les longs trajets en voiture. Avoir envie que tu me touches mais tu conduis et j'ai peur des accidents. Malgr\u00e9 cela, j'\u00e9carte les cuisses et te montre qu'une fois encore, je ne porte pas de culotte. C'est l'\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s tout. Il faut savoir vivre dangereusement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Voir le soleil qui se l\u00e8ve dans la mer. Aucune pi\u00e8ce, aucun ballet, aucun op\u00e9ra, aussi somptueux soit-il, ne peut rivaliser avec un tel spectacle. C'est donc cela que nous cherchons \u00e0 faire, nous autres artistes, essayer d'atteindre la pure beaut\u00e9 du monde qui nous entoure, tant que nous existons encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ah si, il y a quelque chose qui peut rivaliser avec un tel miracle : voir le soleil se coucher dans la mer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Aller sur une \u00eele suffisamment \u00e9troite pour pouvoir voir le soleil se lever \u00e0 l'est et se coucher \u00e0 l'ouest. Prendre cette habitude et ne jamais manquer un lever de soleil, un coucher de soleil. Et \u00e0 midi, <em>sous le soleil exactement<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Marcher ensemble dans les salles du mus\u00e9e. Nous nous perdons, nous retrouvons devant un tableau, nous perdons encore puis nous retrouvons. Ensuite, nous buvons un caf\u00e9 dehors, emplis de toute cette splendeur. Nous nous demandons si nous repassons par l'h\u00f4tel avant d'aller au restaurant. Nous repassons par l'h\u00f4tel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Le balcon qui surplombe la rivi\u00e8re. Les reflets du soleil dans l'eau, qui changent d'heure en heure, nous pourrions passer notre vie \u00e0 les contempler, me dis-tu, et je suis tellement d'accord avec toi que j'ai encore envie de toi. Ton \u00e2me et l'univers semblent m'exciter sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Les jours sont si longs et pourtant le temps passe si vite, je me dis, me serrant contre toi, je ne veux pas rentrer, je ne veux pas rentrer, jamais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je rentre. Je dois rentrer. Toi aussi. Septembre nous fait de l\u2019\u0153il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"kadv wp-block-paragraph\">Ce n'est pas que j'ai oubli\u00e9 que le monde br\u00fble, m\u00e9taphoriquement et r\u00e9ellement, mais puisque je n'y peux pr\u00e9sentement pas grand chose et que ni ma tristesse, ni ma col\u00e8re ne serviront dans l'imm\u00e9diat, je choisis, r\u00e9solument, de me raccrocher au beau, au petit et, arm\u00e9e de ma joie, de contribuer de toutes mes forces \u00e0 \u00e9viter les d\u00e9sastres \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"395\" src=\"https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/1979.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3376\" srcset=\"https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/1979.jpg 800w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/1979-300x148.jpg 300w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/1979-768x379.jpg 768w, https:\/\/interludewithanna.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/1979-18x9.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ciel vu d'en haut, \u00e0 travers le hublot. 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